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Enseignement, Programmes

Construire une vision du « vivre ensemble »

La clé du « vivre ensemble » est le dialogue. Pour vivre ensemble, il faut communiquer, coopérer, collaborer. Il n’y a pas de compréhension commune de la vie en société sans un accord tacite sur les valeurs qui gouvernent cet espace partagé.

C’est en se fondant sur cette prémisse que la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) a sollicité l’appui de l’Institut du Nouveau Monde (INM) pour construire sa vision du vivre ensemble en français au sein de la communauté éducative francophone de l’ouest de l’île de Montréal.

La Commission scolaire souhaitait adopter, en vue de son prochain plan stratégique, une vision partagée du vivre ensemble en français. Pour ce faire, l’expertise de l’Institut du Nouveau Monde, dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique, a été sollicitée.

L’équipe de l’Institut a proposé à la Commission scolaire une démarche structurée sur le principe du dialogue entre les membres de la communauté éducative, incluant les élèves et leurs parents, les élus, les directions et les divers personnels.

Cette vision du « vivre ensemble » devait émerger des discussions pour être durable. Elle ne pouvait pas être imposée par la direction générale de la commission scolaire ou par le conseil des commissaires.

Une gouvernance ouverte

Nous avons d’abord mis en place la structure de gouvernance du projet. Nous avons identifié les acteurs impliqués et les avons préparés à jouer leur rôle. Nous avons développé les outils nécessaires au déploiement des autres phases de la démarche. Nous avons convenu de former un comité de pilotage composé de représentants de la direction, des parents, des principaux syndicats et d’experts choisis par la commission scolaire pour l’accompagner dans la mise en œuvre de sa vision.

Nous avons aussi formé un groupe de référence, constitué d’une quarantaine de personnes représentatives de toute la communauté éducative avec qui nous avons validé le diagnostic mis au jeu et le projet de vision qui allait être retenu.

L’INM animait la démarche mais jouait aussi le rôle de tiers-neutre garantissant l’équité dans la participation des divers publics et un rapportage objectif des délibérations.

Un diagnostic partagé

En novembre 2012, nous avions rencontré une centaine de personnes, des membres de toutes les catégories de personnel, des parents, deux classes d’élèves du secondaire et des élèves de la formation professionnelle.

Ces premières rencontres avaient pour objectif de formuler un diagnostic, un état de situation du vivre ensemble sur le territoire de la CSMB. Le diagnostic était une étape cruciale de la démarche. Il a permis de nommer les enjeux et d’en assurer une compréhension commune. Nous avons identifié les forces (climat propice à la réussite éducative, valeurs partagées, consensus autour du français comme langue commune) et des zones de vulnérabilité ou des défis à relever (Double défi d’intégration et de francisation, fragilité du sentiment d’appartenance à la société québécoise, l’équilibre à établir entre la reconnaissance des langues maternelles et la valorisation de la langue française).

C’est autour des quatre chantiers issus du diagnostic que s’est structurée la suite des activités qui ont pris la forme de six rencontres dans chacun des territoires de la CSMB, des visites dans 17 classes du primaire, une discussion organisée par un groupe communautaire qui a mobilisé 25 parents. Une vidéo et un guide d’animation ont été produits.

Un bilan et une vision

Le contenu récolté lors de ces activités a été compilé dans un bilan disponible sur le site de la CSMB.1

La vision dégagée des débats a été bonifiée et validée par les deux instances précédemment nommées : le comité de pilotage et le groupe de référence. La vision est disponible sur le site de la CSMB2.

Elle comporte trois axes :

1. Gouvernance collaborative au service de la réussite scolaire

L’éducation des élèves n’est pas seulement la responsabilité des établissements scolaires. Elle est aussi la responsabilité des familles et de la communauté au sens large. La société québécoise cherche encore ses marques pour comprendre, vivre et actualiser cette relation multipartite. La CSMB veut fournir des cadres et des outils qui permettent à chacun de jouer son rôle pleinement, et de collaborer dans une vision de continuité et d’intégration des services aux élèves, pour des interventions plus efficaces et une approche plus systémique.

Il n’y a pas de compréhension commune de la vie en société sans un accord tacite sur les valeurs qui gouvernent cet espace partagé.

2. Sentiment d’appartenance à la société québécoise

Le défi de la transmission de la culture québécoise est indissociable de l’expression et de la mise en valeur des différents éléments qui composent notre culture commune. Cette culture commune s’affirme par des valeurs, des droits et des responsabilités, ainsi que par une histoire et un patrimoine communs autour desquels se construit le sentiment d’appartenance. La langue française est l’espace de développement et de partage de ces repères communs, qui permettent aux membres de la communauté éducative de donner un sens à une multitude d’expériences qu’ils vivent au quotidien. C’est à travers ces expériences de multiples natures (sociales, culturelles, internationales, environnementales, entrepreneuriales, etc.) que se développent les compétences civiques et que se renforce le sentiment d’appartenance à la société québécoise.

3. Soutien et accompagnement du personnel

Il existe de nombreuses ressources au service du personnel de la CSMB, mais celles-ci pourraient être mieux coordonnées et leur existence n’est pas connue de tous. En plus des activités de formation, d’accompagnement et de transfert des connaissances, le soutien du personnel appelle un ensemble de mesures liées à l’amélioration des systèmes de communication interne, au regroupement et à l’accès aux ressources disponibles, et à la création d’espaces et de réflexes de collaboration entre les professionnels.

Photo: Robert Churchill (iStock)

Première publication dans Éducation Canada, janvier 2014

 

RECAP – The key to living together is dialogue. To live together, there must be communication, cooperation, collaboration. There is no common understanding of life in society without tacit agreement on the values governing this shared space. Based on this premise, the Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys sought help from the Institut du Nouveau Monde to create its vision of living together in French within the French-speaking educational community on Montreal’s West Island. This vision has three main components: collaborative governance contributing to academic success, a sense of belonging to Quebec society, and support and assistance to personnel. 


[1] www.csmb.qc.ca/fr-CA/csmb/veef.aspx 

[2] www.csmb.qc.ca/fr-CA/csmb/veef.aspx

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Malorie Flon

Malorie Flon est Chargée de projet de l’INM

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Michel Venne est Directeur général de l’Institut du Nouveau Monde (INM)

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