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Design technopédagogique, Pratiques prometteuses

La technologie en éducation : ce que dit la recherche!

« Quelles recherches confirment que la technologie accroît la réussite des élèves? »

« Pourquoi continuez-vous de fournir un environnement de 1 à 1 de portables à vos élèves et enseignants si vous obtenez les mêmes résultats sans technologie? Où sont les preuves que cela fonctionne? »

« D’après la recherche dans ce domaine, il y a peu ou pas d’incidence positive sur l’apprentissage. Alors, pourquoi poursuivez-vous l’initiative? » 

En 2003, alors que j’étais directeur général de la Commission scolaire Eastern Townships, mon équipe avait prévu ces questions et commentaires au sujet de notre décision de fournir, sans frais, un ordinateur portable sans fil Apple à chacun des élèves de la 3e à la 11e année, ainsi qu’à tous les enseignants. Ce fut mon initiation véritable aux « techno-critiques ». Les médias et les responsables de politiques, en particulier, ont demandé quelles étaient les recherches à l’appui. Au début, j’étais heureux de l’implication que les pratiques d’école et de classe soient fondées sur des recherches et des preuves. Mais je savais qu’il ne s’agissait pas d’une réalité prédominante en éducation publique.

Contrastant avec cette réalité, notre équipe avait fait ses devoirs et examiné les recherches sur la technologie en classe. Beaucoup de recherches portaient sur le sujet, mais presque toutes traitaient des effets des ordinateurs de table et des fameuses « salles d’ordinateurs ». Ces recherches ne concernaient donc pas notre situation, puisqu’il était inédit de fournir la technologie dans un contexte de 1 à 1, partout et en tout temps.

Depuis, la recherche a commencé à porter sur les initiatives de 1 à 1 et sur l’emploi croissant d’appareils mobiles, iPad et autres produits semblables. Les résultats ont été inégaux – mais un thème dominant se dégage de mes nombreuses discussions avec des chercheurs crédibles en éducation : il est presque impossible d’isoler une approche ou un outil de classe en particulier et d’en déterminer l’efficacité. Comment savons-nous ce que nous mesurons? Les compétences du 20e siècle? Les compétences du 21e siècle définies par l’International Society for Technology in Education (ISTE)? Les changements de pratiques pédagogiques issus de la technologie? Ou mesurons-nous vraiment les effets de la motivation accrue des élèves et d’un programme d’enseignement fondé sur l’enquête?

Autrement dit, les activités d’une classe représentent une foule de comportements et d’interventions, notamment la dynamique personnelle, la gestion et l’effectif de classe, l’ergonomie de la salle de classe, le profil scolaire et socioéconomique des élèves, etc. Quant la technologie est introduite dans une classe, il s’agit d’un des nombreux instruments de classe à la disposition des éducateurs et des élèves. Selon des chercheurs crédibles, isoler l’incidence de la technologie sur le « facteur humain » d’une classe constitue un défi de taille.

En janvier 2010, la revue The Journal of Technology, Learning and Assessment (JTLA) a publié un article intitulé « The End of Techno-Critique: The Naked Truth about 1:1 Initiatives and Educational Change ». Je cite cette recherche parce que j’y ai constaté pour la première fois que les chercheurs avaient tenté de comprendre précisément et entièrement ce qu’était la véritable attente face à l’emploi de la technologie en classe. Dans notre société privilégiant les comptes rendus et les résultats, utiliser la technologie d’une manière ou dans un contexte conventionnel ne fait que générer des résultats conventionnels, et on pourrait aisément prétendre qu’elle n’a pas été à la hauteur des attentes. Larry Cuban l’a décrit le mieux lorsqu’il a écrit que l’utilisation de la technologie s’était « trop fait valoir » et avait été « sous-utilisée ».[1]

L’article de JTLA soutenait que les chercheurs regardent les arbres plutôt que la forêt, passant en revue un certain nombre d’études de recherches traitant de la technologie en classe, y compris une méta-analyse des recherches précédentes, pour conclure que le plus grand potentiel résidait dans « la création d’un nouveau paradigme d’écoles auto-organisatrices ». Comme le décrit l’article, le fait d’engendrer une dynamique de changement en classe où les élèves deviennent engagés dans leurs apprentissages, participant à la conception des stratégies d’enseignement et à l’évaluation, génère effectivement cet accroissement difficile à obtenir des résultats des élèves. Une recherche plus approfondie sur la façon dont ce changement se produit doit porter particulièrement sur les résultats qui répondent le mieux aux besoins des élèves et sur la façon optimale dont les classes peuvent être conçues en conséquence.

Citons encore l’article de JTLA :

(traduction) « En faisant abstraction de la forêt, les techno-critiques ont détourné l’attention du véritable problème de l’amélioration de l’ensemble de l’éducation pour tous les élèves. Alors, lorsqu’une initiative de 1 à 1 ne donne pas les résultats hyperboliques escomptés, il est beaucoup plus simple de se mettre à scier un arbre que de couper la forêt et de tout reboiser. Mais alors, comme tant de problèmes dans de vénérables institutions en transition, il est trop souvent plus simple de protéger le statu quo et de blâmer l’innovation ou l’innovateur. »

Les enfants d’aujourd’hui sont beaucoup plus engagés dans l’utilisation de la technologie, surtout ailleurs qu’à l’école. Pour que l’éducation les prépare à leur monde, l’utilisation de la technologie doit devenir la norme dans nos classes et nos écoles.


[1]Larry Cuban, Oversold and Underused: Computers in the Classroom (Harvard Univeristy Press, 2001).

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Ron Canuel

Ron Canuel

The Learning Partner (President and CEO)

Ron Canuel is the former President and CEO of the Canadian Education Association during. He has over 37 years of experience in the public education sector. As the former Director General of the Easter...

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