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Enseignement, Opinion

Entrelaçons nos réflexions à propos d’un perfectionnement professionnel efficace

Contexte : la chaîne and la trame

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 photo CC par Phillip Capper

Au cours du dernier mois, plus de vingt blogueurs anglophones et francophones ont activement contribué à une conversation en profondeur sur le perfectionnement professionnel dans la vie des éducateurs canadiens. De sa propre façon et selon sa propre perspective, chaque participant a formulé d’utiles réflexions portant sur la nature d’un apprentissage professionnel efficace au 21e siècle.

Nous avons lu les avis de personnes qui viennent d’amorcer leur carrière et d’autres qui suivent leur parcours depuis des années. Nous avons profité de l’apport de personnes activement engagées dans la vie de leur classe et d’autres qui jouent des rôles d’administrateurs, de formateurs d’enseignants, de chercheurs et d’universitaires. Leurs réflexions individuelles ont été importantes et méritent certainement d’être considérées, toutefois le pouvoir réel de ces réflexions provient des liens que nous tentons de faire entre les différentes idées et constatations. La sagesse collective exprimée est éloquente.

Plusieurs points importants ont saisi notre imagination :

1)   La poursuite de l’apprentissage et du perfectionnement est jugée comme étant une partie essentielle de la vie de tout professionnel.

2)   Les technologies, en particulier celles qui facilitent les liens et la collaboration, ont ouvert de nouvelles perspectives stimulantes qui dépassent largement les approches magistrales conventionnelles du perfectionnement professionnel.

3)   Un apprentissage professionnel efficace est itératif et continu – il est à la fois inspiré et éclairé par les besoins de nos élèves, ainsi que par nos propres besoins d’apprentissage et par nos questions portant sur les pratiques.

4)   Une saine combinaison d’énergie personnelle et collective est à la source de scénarios efficaces d’apprentissage professionnel.

5)   Le perfectionnement professionnel est plus puissant quand les éducateurs peuvent jouer un rôle actif, conscient, dans la formulation de leurs apprentissages.

6)   Le perfectionnement professionnel devient apprentissage professionnel lorsque des aspects individuels – qu’il s’agisse de conférenciers, de livres, de vidéos – sont rehaussés par des occasions de réfléchir, de discuter et de mettre en pratique des approches, stratégies et concepts innovants.

Prises isolément, certaines de ces idées peuvent sembler des truismes. Globalement, toutefois, elles indiquent une tension qui prend toute son importance lorsque nous prenons plus conscience des possibilités comme des exigences du professionnalisme.

Une métaphore mettant nos idées en contexte

Nos collaborateurs ont utilisé de nombreuses métaphores dans leurs messages – des images qui nous ont incités à considérer la complexité de l’apprentissage professionnel dans toutes ses nuances. J’aimerais ajouter une illustration de mon cru  – basée sur un concept qui, d’après moi, peut rassembler une grande partie de la conversation : le contexte!

La racine étymologique du mot texte, texere, signifie « tisser ». Le contexte – un ensemble tissé! 

Beaucoup des personnes qui ont écrit ici et ailleurs soutiennent que l’apprentissage professionnel devient plus efficace lorsqu’il peut vivre et évoluer dans le contexte de la pratique – dans les classes, les écoles et les collectivités locales. L’idée du contexte permet aux éducateurs d’établir des liens entre les nouvelles pratiques et leur réalité quotidienne. L’idée du contexte respecte l’individualité, favorise la diversité et permet aux nouvelles façons de penser de germer et de se développer. L’idée du contexte nous permet de cesser de voir le travail des éducateurs comme étant compliqué et de prendre conscience qu’il est, en fait, complexe.

Pour moi, le métier à tisser est une image qui évoque éloquemment les défis et les possibilités inhérentes à l’idée du contexte.

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photo CC par Ruth Temple

Le métier à tisser maintient une tension parfaite des fils de chaîne tandis que les fils de trame passent de part et d’autre pour créer une superbe étoffe. Le métier à tisser rassemble les nombreux fils et les entrelace pour former un tissu beaucoup plus fort et complexe. Le métier à tisser accroît l’efficacité et le pouvoir de l’ouvrage du tisserand. 

Un métier à tisser est, littéralement, un facilitateur de contexte. Il nous permet de prendre des idées hétéroclites, sans lien, et de les tisser ensemble pour obtenir une création enrichissante. Je me demande si cette métaphore pourrait nous aider à rassembler les fils des réflexions qui ont été exposées ici au cours des dernières semaines et de replacer nos réflexions de façon différente. C’est peut-être le type d’image qui pourrait nous permettre de percevoir que l’existence d’une certaine tension est importante lorsque nous réfléchissons aux modèles d’apprentissage professionnel. Peut-être s’agit-il d’une illustration qui nous fait mieux apprécier la diversité des approches selon lesquelles nous percevons les possibilités d’apprentissage auxquelles nous prenons part.

Et c’est peut-être une métaphore qui permet de voir notre apprentissage continu comme une façon de contribuer à une tapisserie qui s’étend bien au-delà de nos contextes personnels.

Au lieu de réponses, toutefois, je voulais proposer quelques questions susceptibles de nous permettre d’approfondir un peu plus la métaphore du métier à tisser. Je vous invite à utiliser ces questions comme des points de départ pour explorer l’imagerie – individuellement ou dans vos réseaux d’apprentissage professionnel. Je vous incite à les reformuler en fonction de vos propres besoins, de votre propre contexte. Et je voudrais bien en connaître les résultats!

Des questions du métier

Quels sont quelques-uns des fils que vous reconnaissez dans votre contexte particulier d’enseignement et d’apprentissage? Quels sont les fils qui sont les plus faciles à identifier et lesquels nécessitent plus d’effort avant d’être identifiés?

Qu’est-ce que vous dégagez comme étant des fils de chaîne et des fils de trame de votre contexte particulier? Quels fils sont tenus en tension et lesquels passent dans cette tension? Dans quelle catégorie classeriez-vous vos propres hypothèses en matière d’enseignement et d’apprentissage? La tradition? De nouvelles pratiques? Les technologies?

Quels sont les processus de votre contexte particulier qui s’assimilent au passage de part et d’autre des fils de trame entre les fils de chaîne?

Comment l’individualité et la diversité s’insèrent-elles dans votre réflexion sur le contexte?

Dans quelle mesure la métaphore du métier à tisser vient-elle chercher vos propres réflexions au sujet du perfectionnement professionnel et de l’apprentissage? Où vous mène cette métaphore? 


Ce billet de blogue fait partie d’un dossier de l’ACE au sujet de la situation des programmes actuels de formation et de perfectionnement professionnel du personnel enseignant qui comprend également un numéro thématique, L’Enseignant est aussi un apprenant de la revue Éducation Canada, et une fiche Les faits en education : Quelles forme revêt le perfectionnement professionnel efficace pour les enseignants? Si vous souhaitez publier un billet de blogue dans cette série, veuillez communiquer avec info@cea-ace.ca.