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Si on les écoutait vraiment…

Très souvent, on associe la parole des élèves à des structures démocratiques qui encouragent les jeunes à parler et à prendre leur place. Il s’agit la plupart du temps de laboratoires d’expérimentation, tels les parlements jeunesse (p. 40), permettant aux élèves d’exprimer leurs opinions, leurs points de vue à travers des jeux de rôles. Les jeunes découvrent alors le pouvoir fascinant de la parole en militant pour une idéologie et en structurant leur discours pour mieux convaincre l’autre. Ils développent leur confiance en soi, leur capacité à argumenter et leur esprit critique. Il s’agit certes d’une initiative très noble et épanouissante, mais celle-ci ne concerne qu’une petite fraction de notre jeunesse.

Or, si les autres élèves qui fréquentent nos écoles ne participent pas à ce type de débats, comment et où peuvent-ils se faire entendre? Tous ont un vécu, des choses à dire, des points de vue à partager, des idées à défendre. Y a-t-il un forum pour les faire valoir? Comme adultes, leur proposons-nous un espace d’expression pour faire connaître leurs préoccupations?

En 2012, au Québec, les grèves étudiantes ont permis aux jeunes de s’imposer, de faire valoir leurs revendications, de contester le statu quo pour mieux faire entendre leur voix. Ce moment libérateur de la jeunesse québécoise a marqué l’histoire et l’imaginaire et nous a fait réaliser à quel point ils sont « partie prenante » de la vie démocratique. Faut-il absolument de telles démonstrations pour que les adultes et nos gouvernements puissent enfin les prendre au sérieux et les écouter sans les juger de manière condescendante? Le dialogue peut s’avérer une arme redoutable de création et de médiation pour surmonter des conflits, désamorcer des situations tendues, proposer de nouvelles avenues ou résoudre des problèmes.

Certains décideurs s’enorgueillissent d’avoir des jeunes qui siègent sur leur conseil d’administration. Sur le plan de l’image, c’est parfait : cela donne « bonne conscience ». Mais, dans les faits, ont-ils leur mot à dire ou sont-ils de simples figurants? Lorsque vient le temps d’impliquer les jeunes dans le processus décisionnel, considère-t-on réellement leur opinion? On peut parfois en douter…

Et pourtant, si on les écoutait vraiment, nos décisions seraient assurément meilleures, plus justes, plus cohérentes et, surtout, plus efficaces!

P.S. Nous célébrons présentement un moment très important : le 125e anniversaire de l’ACE. Pour connaître le chemin parcouru par notre Association qui nous a conduit vers notre identité actuelle, nous vous invitons à lire la rétrospective de notre histoire (p. 52).

Photo : Dave Donald
Première publication dans Éducation Canada, décembre 2016
 

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Yolande Nantel

Yolande Nantel

Yolande Nantel est la rédactrice en chef francophone d’Éducation Canada.

Yolande Nantel is the French Editor of Education Canada.

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