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Apprentissage autochtone, Équité, Évaluation

Quand un examen de conscience s’impose

Courageux et déterminés à réussir, les Autochtones ne baissent pas les bras, malgré d’énormes problèmes de santé physique, de dépression, de pauvreté, de décrochage scolaire, de violence, un nombre de suicides inquiétant et un taux de chômageélevé. Pour surmonter toutes ces difficultés, les Autochtones revendiquent à la fois leur droit à une éducation de qualité et plus de reconnaissance, de financement, d’autonomie et de soutien. À travers cette quête identitaire, leurs leaders se mobilisent pour faire valoir leurs droits et défendre ce qui leur est le plus précieux : leur langue et leur culture.

Le besoin le plus criant demeure indéniablement l’éducation des jeunes autochtones qui représentent, chez les moins de 25 ans, le segment populationnel le plus en croissance au Canada. Dans la présente édition vous découvrirez, notamment dans une entrevue réalisée avec le 21e Premier ministre du Canada, le très honorable Paul Martin, des démarches inspirantes et motivantes pour soutenir la jeunesse autochtone en l’initiant à l’entrepreneuriat, au milieu des affaires, au monde de l’économie ou à un métier. Ces initiatives sont louables, certes, mais ne peuvent à elles seules briser le cercle de pauvreté et de misère dans lequel évoluent quotidiennement les communautés autochtones.

En tant que femme, j’ai été vivement interpellée par le cri du cœur de Michèle Audette, Présidente des femmes autochtones du Canada. Elle déplore la détresse, la violence, l’état de pauvreté et de dépendance inadmissible dont sont victimes les femmes et les filles autochtones. Pour elle, investir dans l’éducation des filles est certainement un des moyens les plus efficaces pour réduire la pauvreté et assurer la réussite scolaire des enfants, car il est prouvé que l’éducation de la mère a généralement plus d’influence que celle du père.

Même si les Canadiens sont sensibilisés à la réalité des communautés autochtones, admettent leur importance, croient en leur potentiel, cela ne suffit plus. Au-delà des mots, des discours politiques et des promesses, un examen de conscience s’impose. Offre-t-on un soutien suffisant et pertinent pour la réussite des jeunes Autochtones? Avons-nous une réelle capacité d’écoute et une profonde empathie susceptible de créer des liens de confiance solides et durables? Y a-t-il une véritable volonté gouvernementale? Bref, sommes-nous prêts au Canada à aider et à supporter adéquatement nos concitoyens autochtones? Théoriquement, sans doute!

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Photo: Dave Donald

Première publication dans Éducation Canada, juin 2014

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Yolande Nantel

Yolande Nantel

Yolande Nantel est la rédactrice en chef francophone d’Éducation Canada.

Yolande Nantel is the French Editor of Education Canada.

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