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Apprentissage autochtone, Évaluation, Politique

Libérer le potentiel des élèves autochtones ontariens

Lorsque Janine Griffore devient haute fonctionnaire au ministère de l’Éducation de l’Ontario en décembre 2012, les défis sont grands pour améliorer le rendement scolaire des élèves autochtones et ainsi réduire l’écart entre ces élèves et le reste des élèves de la province. 40 % de la population autochtone de l’Ontario âgée de plus de 15 ans n’a pas terminé ses études secondaires! Nombreux sont les Autochtones de cette province qui n’ont pas les compétences pour accéder à un emploi dans un marché du travail de plus en plus axé sur les connaissances.

« Je suis plus sensibilisée aux préjugés et au racisme que subissent les Autochtones. J’ai aussi appris à reconnaître davantage l’urgence d’agir » affirme la sous-ministre adjointe de la Division de l’éducation en langue française, de l’éducation autochtone et de la recherche pour le ministère de l’Éducation de l’Ontario. Cette urgence se traduit par le fait que la population autochtone en Ontario est beaucoup plus jeune que le reste de la population de cette province avec un taux de natalité une fois et demi plus élevé que la moyenne canadienne. À titre d’exemple, de 2006 à 2011, la population autochtone d’âge scolaire en Ontario (de 5 à 19 ans) a fait un bond de près de 16,5 %, ce qui signifie que les écoles ont dû accueillir 11 000 élèves autochtones de plus en l’espace de cinq ans seulement.

Grâce à son cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits déposés en 2007, la province a mis en place une série d’initiatives pour que les élèves autochtones aient les connaissances, les compétences et la confiance nécessaire pour terminer leurs études élémentaires et secondaires et suivre avec succès des programmes d’enseignement postsecondaire. Madame Griffore est particulièrement fière d’une percée. Elle explique : « L’ensemble des conseils scolaires de la province s’est doté d’une politique d’auto-identification volontaire et confidentielle des élèves autochtones. Même si ces politiques sont à des stades différents, l’information recueillie permet aux conseils scolaires de mieux pister les progrès de ces élèves. »

Les données préliminaires d’octobre 2012 provenant du Système d’information scolaire de l’Ontario indiquent que 44 % des 64 000 élèves autochtones fréquentant les écoles élémentaires et secondaires financées par la province se sont identifiés comme tels. Même si les données d’auto-identification ne tiennent pas encore compte de tous les élèves autochtones, elles servent de point de comparaison pour évaluer notamment les progrès accomplis relativement aux rendements scolaires de ces élèves. Avant la collecte de ces données, la seule source d’information dont disposait le gouvernement de l’Ontario sur les populations autochtones pour orienter ses décisions en politiques et programmes provenait de Statistique Canada. Le problème est que les renseignements fournis par Statistique Canada n’indiquaient pas le nombre d’élèves autochtones qui fréquentaient les écoles élémentaires et secondaires financées par la province.

La province estime que l’un des facteurs qui nuit au rendement des élèves autochtones en salle de classe est le manque de compréhension des enseignants de la culture et de l’histoire des autochtones. C’est pourquoi dans le cadre de ses politiques, la province insiste sur l’importance du développement professionnel du personnel afin, entre autres, que les élèves autochtones se sentent à l’aise et bien accueillis dans les écoles, qu’ils y aient une voix et qu’ils approfondissent leurs connaissances liées à leur culture.

Au sein des écoles de langue française en Ontario, plusieurs conseils ont mis en place des pratiques prometteuses adressant cette problématique. En tout, ce sont mille projets pilotes qui ont vu le jour dans le cadre des efforts soutenus par le ministère pour appuyer les élèves francophones dans les écoles élémentaires et secondaires financées par la province.

Le Ministère de l’Éducation de l’Ontario s’est engagé à publier tous les trois ans des rapports d’étapes pour faire le point sur la mise en œuvre de sa politique encadrant l’éducation autochtone dans la province. Le prochain rapport est prévu en 2016. Il présentera pour la première fois le taux d’obtention du diplôme secondaire d’une cohorte d’élèves qui, depuis 2011, aura bénéficié des mesures d’appui offertes dans le cadre de la politique de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

« Le ministère a adopté une approche variée et différenciée compte tenu de besoins différents des communautés isolées dans le Nord et de la réalité urbaine des communautés dans le Sud. Pour ma part, de mes visites dans les écoles, à côtoyer les élèves autochtones, je retiens le visage de ces jeunes qui s’illumine lorsqu’ils apprennent. C’est ce qui donne un sens à notre travail de gestionnaire » conclut Madame Griffore.

Photo incluse avec permission du Saskatchewan School Boards Association

Première publication dans Éducation Canada, juin 2014


RECAP – Forty percent of the Aboriginal population in Ontario over 15 years of age has not completed high school. To address this challenge, the province has implemented a series of initiatives, including a policy of voluntary and confidential self-identification for Aboriginal students. These policies are at different stages of implementation among school boards, but the information gathered allows boards to better monitor the progress of Aboriginal students. The next progress report from the Ontario Ministry of Education is expected in 2016. This report will include, for the first time, the high school graduation rate for a cohort of students who, since 2011, has benefited from supports offered through Ontario’s Aboriginal Education Strategy for First Nation, Métis and Inuit students.

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Valérie Morand

Valérie Morand est gestionnaire des communications à la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) et au Regroupement national des directions générales de l’éducation (RNDGE). Elle cumule également plus de vingt ans d’expérience comme reporter aux réseaux français et anglais de Radio-Canada ainsi qu’à Radio Canada International.

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