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Communauté scolaire, Engagement, Enseignement

Le pouvoir de la langue

Dans ce numéro d’Éducation Canada, un article signé Paul Budra examinant pourquoi nous devrions enseigner la grammaire m’a incitée à réfléchir à l’une de mes propres passions – l’importance de la compétence linguistique.

À titre de rédactrice en chef, je plonge quotidiennement dans la complexité et les subtilités de la langue. J’adore cette immersion. Je nage avec bonheur entre les temps de verbe, les propositions subordonnées et indépendantes et les difficiles choix de termes. Mais beaucoup de nos jeunes se débattraient furieusement si on les jetait dans cette mer de complexité linguistique – ou s’y noieraient.

Je n’affirmerais jamais que le fait d’enseigner la structure d’une langue confère automatiquement de bonnes compétences communicationnelles, ni qu’il y a lieu de décourager les jeunes de s’engager dans la communication naturelle et spontanée de l’« écriture libre ». Je crois toutefois que nous les privons d’un précieux atout si nous choisissons d’omettre de leur offrir le pouvoir conféré par une connaissance plus approfondie de leur langue.

Comme Budra, je crois que de nombreux élèves s’intéresseraient aux subtilités de la grammaire et de la syntaxe, tout comme beaucoup sont attirés par la complexité des formules mathématiques et la diversité biologique. Pas tous, évidemment. Mais ils n’ont même pas l’occasion de l’envisager. J’ai donné pendant quelques années un cours d’écriture à des étudiants de première et de deuxième année universitaire. Nous ne pouvions pas vraiment discuter de sujets d’écriture puisqu’ils ne possédaient pas le vocabulaire de base. Qu’est-ce qu’un verbe actif? Au fait, qu’est-ce qu’un verbe? Savoir nommer les parties du discours peut sembler insignifiant, mais si vous aidiez un ami à monter une étagère, demanderiez-vous « le truc avec le bout métallique plat qu’on utilise pour enfoncer l’objet pointu dans le bois »? Nous devons être en mesure de parler des outils dont nous disposons – qu’il s’agisse d’un marteau ou d’une préposition.

Il y a beaucoup plus en jeu ici que la réussite à un test provincial d’alphabétisation ou une bonne note pour un travail d’histoire. La compétence linguistique – la maîtrise d’une langue et de sa souplesse quasi infinie – ouvre la porte à la diversité de l’expression et, ainsi, à la diversité des idées. Il s’agit d’un véritable chassé-croisé, car exprimer des idées au moyen de mots nous aide à clarifier et à faire avancer notre réflexion. Je soutiens que cette capacité est un élément central du fonctionnement efficace d’une société démocratique.

Alors – notre démocratie dépend-elle de l’enseignement dans nos écoles publiques de l’accord du verbe avec le sujet et de l’emploi de la virgule? Probablement pas. Toutefois, elle dépend effectivement de la transmission de la capacité de jongler avec des idées toujours plus complexes et de savoir comprendre et exprimer des nuances sémantiques. Si nous outillons au moins quelques-uns d’entre eux des techniques d’écriture requises pour ce faire, nous ne pouvons nous permettre de le négliger.

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Paula Dunning

Paula Dunning

Paula Dunning is Editor of Education Canada and a freelance writer/editor.

Paula Dunning est la rédactrice d’Education Canada et auteure/rédactrice pigiste.

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