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Bien dans mon travail, Bien-être

Directeurs d’école : voici comment diriger malgré votre appellation d’emploi

Deux approches pour établir des lignes de communication ouvertes afin de favoriser le bien-être de son personnel

Si vous deviez décrire la culture de votre école, que diriez-vous? Si les élèves, les parents ou le personnel de votre communauté scolaire devaient la décrire, que diraient-ils? Et enfin, quel est l’impact de cette culture sur le bien-être de votre personnel?

Le terme « culture d’école » se réfère à nos croyances, attitudes, perceptions et façons de faire, y compris la qualité des relations développées au sein de notre école entre collègues et avec les élèves. La culture se base souvent sur des règles écrites (p. ex., un code de conduite) et non écrites (p. ex., les perceptions des membres du personnel quant à la façon dont ils sont tenus d’agir, ou quant au comportement que l’on attend d’eux).

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Que nous l’acceptions ou non, même si nos intentions ne changent pas lors de notre transition à un poste de leadership au sein d’une école, notre appellation d’emploi fait en sorte que nous n’avons plus accès à certaines voies d’information que nous avions auparavant.

L’auteur Ed Catmull en explique justement dans son livre Creativity Inc. : « À mesure que ma position changeait, les gens devenaient plus prudents dans leur manière de parler et d’agir en ma présence. Je ne pense pas que mes actions en soient la cause; ma position, oui. Et ce que cela signifiait, c’était que les choses dont j’avais été au courant étaient devenues de plus en plus inaccessibles pour moi. » (traduction libre)

Ed Catmull continue en disant que plusieurs nouveaux leaders font l’erreur de présumer que leur accès à ces voies d’information ne change pas. Il nomme ce phénomène « The Hidden » (Le caché) : un angle mort qui échappe notre champ de perception. Ce passage me rappelle de l’importance d’être continuellement et intentionnellement à la recherche de ces angles morts.

Voilà pour vous un « pensez-y-bien » : quelles seraient les répercussions sur la culture scolaire et le bien-être du personnel si nous n’étions pas au courant des défis et des tensions interpersonnelles de notre équipe, dont la manière que notre équipe fait face aux exigences de travail? Selon moi, les répercussions seraient probablement catastrophiques! En tant que leaders scolaires, nous sommes les intendants de la culture et du bien-être, alors il nous revient la responsabilité d’améliorer le climat de notre école et de provoquer les changements que nous aimerions voir. Mais comment pouvons-nous rester à l’affût du « pouls » réel de la culture de notre école? Autrement dit, comment pouvons-nous rester au courant de la manière dont notre personnel se sent réellement en milieu de travail, et ce, malgré notre position?

En tant que directeur d’école, j’ai adopté deux approches gagnantes me permettant de savoir comment mon personnel vit avec la culture que nous nous efforçons bâtir, et ce, en établissant des lignes de communications ouvertes. La première approche cible la croissance personnelle de chacun des membres du personnel, alors que la seconde approche cible le développement collectif et l’esprit de l’équipe.

Approche 1 : rencontres individuelles mensuelles

Au cours de l’année scolaire, j’invite chaque membre du personnel à des rencontres mensuelles facultatives de coaching. Nous faisons de ces rencontres, d’une durée variant entre 15 et 30 minutes, une priorité en déterminant les dates d’avance.

Durant ces rencontres, nous fixons des objectifs en plus de discuter de pédagogie ou autres sujets qui ont un impact sur leur croissance personnelle et professionnelle. Bref, c’est un temps privilégié durant lequel nous apprenons à nous connaître.

Ce qui importe encore plus, c’est que nous faisons l’état des lieux de notre bien-être. En tant que leader scolaire, ces rencontres me fournissent de l’information primordiale au maintien du bien-être des membres de mon personnel et m’indiquent où ils en sont relativement à la pédagogie en classe ou dans les dossiers dont ils sont responsables durant l’année scolaire.

Approche 2 : rencontres d’équipe du style « Scrum »

Au lieu de tenir des rencontres du personnel mensuelles traditionnelles, nous organisons des rencontres de style «Scrum » toutes les deux semaines. Les objectifs de ces rencontres comprennent de partager des pratiques réussies, de se tenir informé, de favoriser l’entraide, de renforcer l’esprit d’équipe et d’assurer une bonne santé mentale.

Voici cinq éléments essentiels de ce type de rencontre :

1. Les membres doivent se tenir debout pendant la rencontre.

2. Chaque personne est invitée à répondre à trois questions :

  • Qu’est-ce que j’ai fait de nouveau, ou qu’est-ce qui a bien fonctionné et qui peut être utile à l’équipe?
  • Qu’est-ce que je vais faire qui peut être utile à l’équipe?
  • De quoi ai-je besoin?

3. Chaque personne a jusqu’à trois minutes pour faire son partage.

4. Il y a un « Scrum master » qui gère la rencontre.

5. Un gardien du temps désigné veille à ce que chaque personne ait trois minutes pour faire son partage.

Ces rencontres ont un impact positif important sur le climat dans l’école et le bien-être des membres du personnel. Elles nous permettent non seulement de mieux connaître le rôle de chacun, mais nous offrent aussi l’occasion de célébrer les succès, d’offrir de l’appui, de poser des questions, d’apprendre à nous connaître et de rire ensemble. Souvent à la fin des rencontres, les participants restent pour poursuivre leur conversation, puis partent, le sourire aux lèvres, avec un sentiment de satisfaction et de fierté de savoir qu’ils ont leur place dans l’équipe. C’est vraiment une expérience fantastique!

Joel McLean quote

Maintenir une culture favorisant le bien-être du personnel : ça débute avec soi-même

Nous avons tous la responsabilité de contribuer au maintien d’une culture d’école positive. Mais comme dans tous les milieux de travail, parfois il y a des moments durant lesquels les choses vont moins bien et le négatif tente de s’infiltrer dans notre culture.

Quelle disposition adoptez-vous dans de telles situations?

A. Est-ce que le négatif vous affecte facilement? Votre première réaction est-elle de se plaindre, de juger ou de réagir fortement avec émotion?

OU

B. Êtes-vous rapide à contrer le négatif? Démontrez-vous de l’empathie en offrant de l’aide ou des solutions au lieu de juger? Prenez-vous le temps de bien écouter pour comprendre, et non pas pour répondre?

Prenez quelques instants afin d’y réfléchir et de vous situer : est-ce que vous vous retrouvez surtout dans le A ou plutôt dans le B?

Lorsque vous faites face à un changement ou un défi, quelle posture adoptez-vous : une qui est surtout créative ou une qui est plutôt réactive?

Pour ma part, je tente toujours d’adopter une posture créative face aux défis. Lorsque ma mentalité de croissance prend le dessus, elle laisse la place au positivisme et à l’optimisme, ce qui en retour alimente ma créativité afin de trouver de nouvelles solutions. L’acte de choisir cette posture créative a un impact positif inestimable sur le bien-être. Il en découle une hausse de confiance, d’espoir et d’énergie contribuant à « garder son seau plein ».

Développer et maintenir une culture d’école positive, ça débute avec soi-même. Chaque personne a le pouvoir de choisir comment elle réagira dans une situation particulière. Cette réaction a une influence incroyable sur la culture et sur le bien-être de soi-même et des autres, tant positif que négatif. C’est pourquoi il est tellement important de se rappeler chaque jour de notre influence en tant que leaders par les mots que nous utilisons et par les actions que nous prenons.

 

Photo: Adobe Stock

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Jöel McLean

Joël McLean

Directeur D'école, Conseil scolaire catholique Franco-Nord

À ce jour, Joël est direction d'école au Conseil scolaire catholique Franco-Nord, et coach provincial de leadership chez l'Association des directions et directions adjointes des écoles franco-ontariennes.

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