Le Caledon Institute of Social Policy, un centre de réflexion sur la politique sociale, vient de publier deux faits vécus au sujet de l’innovation et de la collaboration au palier de l’école à Edmonton. Le premier concerne le programme en langage crie à l’école Abbott et le second, un programme de transition d’immigrants influencé par l’école Balwin. Le projet est géré par la division des programmes du Conseil scolaire public d’Edmonton et par Tamarack: An Institute for Community Engagement.
Abbott School’s Cree Extended Learning Program (PDF, 9 pages, 49 ko) (disponible en anglais seulement)
Balwin School: Striving for Intercultural Understanding (PDF, 8 pages, 45 ko) (disponible en anglais seulement)
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On demande de plus en plus des recherches de qualité pour guider les politiques et les pratiques en éducation. Notre équipe de l’Institut des études pédagogiques de l’Ontario (IÉPO) attribue le terme « mobilisation des ressources » (MR) à la création de solides relations entre la recherche et la pratique dans les écoles. Dans une chronique antérieure, nous avons examiné pourquoi les études probantes en éducation ne sont pas toujours mises en pratique. Dans cette chronique, nous traitons des mesures susceptibles d’accroître l’accès des éducateurs aux connaissances pertinentes découlant de recherches rigoureuses.
Pendant leurs études postsecondaires, les enseignants et les gestionnaires disposent d’un accès constant à la recherche en éducation. Cependant, cet accès est moins facile dans les écoles, particulièrement en raison des pressions temporelles et de la difficulté de convertir en pratiques quotidiennes les constats de recherche complexes. L’écart entre la recherche et la pratique n’est tout de même pas insurmontable. Déjà, il existe de nombreuses façons de traduire les preuves recueillies en pratiques éducatives, établissant un guide pour les initiatives futures.
Tous les partenaires d’éducation peuvent prendre des mesures, souvent relativement aisées, pour profiter davantage de la recherche. Des universités et centres de recherche fournissent aux chercheurs le soutien et les outils nécessaires pour promouvoir l’application de la recherche, par exemple en présentant les résultats dans un jargon et sous une forme qui s’adaptent aux enseignants. Ils visent aussi à créer des liens et des réseaux entre les chercheurs et les praticiens afin qu’ils puissent collaborer pour mieux comprendre les implications pratiques pour les écoles.
Dans un même ordre d’idées, les écoles peuvent mieux profiter de la présence d’étudiants des cycles supérieurs et des enseignants stagiaires, qui ont un pied à l’université et l’autre à l’école. Les étudiants des cycles supérieurs, en particulier, peuvent travailler de façon à améliorer l’accès du personnel enseignant aux études portant sur un problème local, de même qu’adapter les résultats scientifiques aux enseignants.
Beaucoup de conseils et commissions scolaires s’associent déjà à une faculté d’éducation locale pour promouvoir l’emploi des résultats de recherche pour établir des politiques et des pratiques. Ces partenariats peuvent inclure l’accès aux ressources bibliothécaires; l’affiliation à des chercheurs experts disposés à travailler avec des écoles pour les aider à consulter des recherches et à en traduire les résultats sous forme d’applications pratiques pertinentes; ou bien la collaboration avec l’université pour produire des résumés succincts de résultats de recherche sur divers sujets à l’intention des éducateurs. Parfois informels, parfois structurés, ces liens peuvent être très utiles pour les personnes travaillant dans les écoles.
Même lorsque les résultats de recherche sont faciles à obtenir, il faut surmonter des problèmes d’accessibilité. Les aptitudes en recherche posent un sérieux problème. Les éducateurs sont maintenant tiraillés de toutes parts et ont peu de temps ou de stimulation pour inclure la recherche dans leur quotidien. Certains conseils scolaires offrent des cours de perfectionnement professionnel pour outiller les gestionnaires et les éducateurs des compétences requises pour comprendre et évaluer la qualité des résultats de recherche, ainsi que pour comprendre les liens entre la recherche et ses conséquences sur la pratique.
Les conseils et commissions scolaires peuvent également soutenir la recherche en créant de plus vigoureuses communautés d’apprentissage professionnel axées sur la recherche, au sein des districts et entre chacun d’eux. Ainsi, des groupes qui se réunissent informellement – parfois avec des experts externes – pour passer en revue les résultats scientifiques peuvent permettre aux éducateurs d’échanger et de discuter de la recherche avec d’autres personnes qui comprennent la complexité des salles de classe, tout en travaillant sur les priorités des conseils scolaires.
La valeur de la recherche est renforcée lorsque les documents liés aux politiques comportent des liens avec les résultats scientifiques et leurs applications pratiques. Ainsi, le personnel enseignant peut mieux comprendre les raisonnements à l’origine des politiques, ainsi que ce qui fonctionne et pourquoi, lorsque ces politiques sont appliquées à la vie scolaire. Les politiques peuvent être soutenues lorsque le public examine soigneusement la recherche, incluant des bibliographies annotées, afin que les gestionnaires, les praticiens et le public puissent obtenir des renseignements pertinents sur le sujet sans devoir passer trop de temps à chercher.
Si des preuves fiables sont plus faciles à obtenir, elles sont plus susceptibles d’être régulièrement intégrées au processus décisionnel d’une école. Les gestionnaires et les enseignants peuvent intégrer les études probantes à la discussion lorsqu’ils tentent de trouver des solutions aux problèmes scolaires ou de nouvelles orientations pour améliorer les cours et les programmes. La recherche peut aussi servir à résoudre des conflits dans les écoles en fournissant des connaissances confirmées allant au-delà de l’opinion répandue et de l’expérience personnelle, lesquelles tendent encore à exercer une grande influence sur les décisions et les pratiques en éducation. Il est particulièrement important de veiller à ce que les preuves empiriques soient cohérentes par rapport aux pratiques existantes, puisque les nouvelles recherches sont souvent importantes pour l’adoption de nouvelles et meilleures pratiques dans les écoles.
Dans l’ensemble, il est clair que l’amélioration de l’accès à la recherche est un élément clé de l’enseignement en tant que profession axée sur la connaissance. Il est difficile de s’imaginer une profession qui ne désire pas utiliser le mieux possible les recherches probantes recueillies pour guider ses pratiques. Pour réussir, tous les partenaires éducatifs doivent collaborer afin de bâtir de solides ponts entre la recherche, les politiques et les pratiques.
Vers le début des années 1980, nous avons accueilli notre premier ordinateur, un Commodore 64, à la maison. D’après mon mari et mes enfants, c’était un merveilleux appareil – lui, pour le traitement de texte et les tableurs électroniques, et eux pour les jeux, évidemment. On pouvait même y faire des petits dessins – pas aussi bien qu’avec un crayon sur du papier, mais c’était tout de même impressionnant. L’ordinateur pourrait même remplacer ma machine à écrire, insistait mon conjoint; mais je résistais. Toutefois, lorsque le premier Mac est entré en scène quelques années plus tard, j’ai commencé, à contrecoeur, à m’amuser avec le traitement de texte et à essayer les tout premiers logiciels de mise en page. En quelques semaines, la machine à écrire a été reléguée au placard, où elle est restée plusieurs années, jusqu’à ce que personne ne veuille plus d’une machine à écrire.
Cela remonte à bien longtemps, avant que la technologie soit « interactive » et bien avant Internet. C’était parfois utile, parfois divertissant, mais jamais personnel.
L’hiver dernier, j’ai suivi un cours d’écriture en ligne. J’ai lu des exposés, soumis des textes, clavardé avec les autres participants, commenté le travail des autres, posé des questions à l’instructeur et été vraiment engagée dans le processus et avec les neuf autres étudiants – qui étaient répartis partout en Amérique du Nord, avec une personne en Australie. Lorsque le cours a pris fin, je sentais que j’avais lié des amitiés. Nous ne nous verrons probablement jamais – sauf sur Skype, si nous le voulons.
Et pourtant, mon cours a à peine effleuré le potentiel d’apprentissage interactif et d’engagement personnel de cette technologie. Dans son article sur l’enseignement dans un monde numérique participatif, Michele Jacobsen affirme : (traduction) « Les applications Web 2.0 […] font partie d’une nouvelle infrastructure d’information centrée sur l’utilisateur privilégiant la participation créative plutôt que la présentation; encourageant la conversation ciblée et les courts exposés de nature moins technique, plus publique et vulgarisée; facilitant l’exploration innovante, l’expérimentation et les retouches délibérées qui forment souvent la base d’une compréhension contextuelle émergeant de l’action et non de la passivité. » Il est question d’un apprentissage véritable, le même concept d’apprentissage par l’action préconisé par Jodene Dunleavy et Penny Milton dans leur article sur l’engagement des élèves. C’est tout sauf impersonnel.
Il est maintenant difficile d’imaginer des écoles sans ordinateurs et il ne reste guère de réfractaires qui refusent de lire leurs courriels ou de faire des recherches en ligne. Mais là réside le problème : il est facile de penser que c’est assez. Dans ce nouveau monde d’apprentissage électronique, c’est insuffisant. Les enseignants, comme les élèves, doivent s’habituer à apprendre avec la technologie – à utiliser ces puissantes innovations pour susciter des expériences d’apprentissage à la fois mobilisantes et personnelles.