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PCAP 2010 – Posons-nous les bonnes questions?

Le PPCE, tout comme le PISA, ne tient pas compte des approches d’apprentissage, de l’engagement des élèves et des environnements pédagogiques lors de l’établissement de comparaisons entre les provinces.

Le Rapport de l’évaluation pancanadienne en mathématiques, en sciences et en lecture est arrivé dans notre salle du personnel cette semaine. Les résultats d’ensemble transmettent de très bonnes nouvelles, mais comme c’est généralement le cas lorsque sont publiés les résultats de tests à l’échelle de systèmes, les médias ont scruté les données et ont attiré l’attention du public sur de mauvaises nouvelles. Cette fois, ils ont notamment traité de l’écart croissant entre les résultats des garçons et des filles, particulièrement en lecture.

L’ACE ne prend certainement pas à la légère la question des écarts grandissants entre les sexes, mais les taux différents de littératie et les questions touchant les sexes ne sont guère nouveaux en éducation, et le public doit comprendre qu’il y a de nombreux garçons qui excellent dans leurs études et de nombreuses filles qui éprouvent de la difficulté. Dans cet article d’Education Canada, Failing Boys, Beyond Crisis, Moral Panic, and Limiting Stereotypes, Wayne Martino de l’Université of Western Ontario explique les dangers associés à l’exagération et au renforcement constants des différences entre les sexes.

Comme il se produit typiquement lorsque les médias dissèquent les résultats du PISA, les manchettes négatives amènent certains ministères de l’Éducation à chercher des coupables, comme c’est le cas au Québec à la suite de la baisse des résultats en lecture. Pourtant, les enseignants en mathématiques se plaignent souvent que l’un de leurs principaux défis est de composer avec les difficultés de lecture et de compréhension des problèmes écrits de leurs élèves – or, au Québec, les résultats en lecture ont baissé et ceux en mathématiques comptent parmi les meilleurs au Canada.

Comme je l’ai déjà affirmé, nous ne nous limitons pas à une seule mesure ou à un seul test pour établir un diagnostic médical. Quand quelqu’un tousse, on ne saute pas à la conclusion qu’une maladie pulmonaire grave en est la cause. Nous procédons à des tests multiples pour poser le bon diagnostic. En éducation, toutefois, un test serait suffisant et indiquerait tous les problèmes et toutes les lacunes? Lorsqu’il est question de diagnostiquer les défis, les forces et les faiblesses en éducation, il est grand temps que nous dépassions l’attitude simpliste et erronée selon laquelle « un test dit tout ». Les parents, les éducateurs et les élèves méritent mieux.

Comme l’a exprimé Jodene Dunleavy dans son article d’Éducation Canada, Pour une interprétation bien adaptée des résultats du PISA 2009:

“J’attribue à l’OCDE elle-même une partie de la responsabilité pour la réaction publique. Il est facile d’être intimidé par l’ampleur des graphiques et des explications découlant de chaque évaluation. Cela n’explique pas isolément, toutefois, l’attention démesurée accordée au classement des 65 pays participants combinant les résultats en lecture, en mathématiques et en sciences. En constatant comment le public s’est approprié les résultats, il est difficile de ne pas croire que le classement des pays du PISA correspond aux Olympiques du monde de l’éducation.”

Dans notre bureau, de nombreuses questions ont fusé au sujet du PPCE. Posons-nous les bonnes questions au sujet de ces évaluations des résultats des systèmes scolaires? Le PPCE, tout comme le PISA, mesure la réussite des élèves en mathématiques, en lecture et en sciences, mais ne tient pas compte des approches d’apprentissage, de l’engagement des élèves et des environnements pédagogiques lors de l’établissement de comparaisons entre les provinces.

Fait encourageant, des débats nourris ont cours en Europe à propos de la nécessité d’ajouter la créativité aux aspects mesurés par le PISA, mais devrait-il aussi évaluer autre chose? L’engagement des élèves? L’équité? Devrait-il y avoir des répartitions par sous-groupes, et non seulement par sexe?

Nous croyons que d’autres aspects pourraient et devraient être mesurés? Qu’en pensez-vous?

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Ron Canuel

Ron Canuel

Ron Canuel is the former President and CEO of the Canadian Education Association during. He has over 40 years of experience in the public education sector. As the former Director General of the Easter...

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