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Bien-être

S’accomplir professionnellement. Oui, mais comment?

La souffrance et la détresse que vivent certains enseignants devraient nous inquiéter énorménent. En effet, la santé mentale et psychosociale de l’enseignant a des effets directs sur le bien-être de ses élèves et sur son propre bien-être. Il est grandement temps de proposer aux éducateurs des outils leur permettant de développer des compétences émotionnelles pour mieux s’adapter aux turbulences ou situations imprévisibles qui viennent affecter leur équilibre émotif. Devenir acteur du changement est nettement plus souhaitable que d’en être la victime en le subissant!

Dans son article, Maurice Tardif, Le plaisir d’enseigner est-il en train de disparaître?, déplore les conditions pénibles (Ex : les relations difficiles avec les élèves en classe ou avec les directions d’établissement) et l’environnement de travail peu propice pour entretenir le « plaisir d’enseigner ».

Ne faudrait-il pas concevoir un environnement de travail plus approprié pour susciter la motivation, voire même le dépassement des enseignants? Ne s’agit-il pas de caractéristiques professionnelles pouvant avoir un impact considérable sur la construction identitaire des élèves? Qu’il s’agisse de l’aménagement d’horaires pour permettre des moments d’échange et de partage de bonnes pratiques, de l’aménagement de moments d’autorégulation des apprentissages vécus à travers le prisme de l’enseignement, de la mise en place de communautés d’apprentissage professionnelles, toutes ces initiatives ne peuvent que sécuriser l’enseignant en début de carrière et l’encourager dans ses démarches pédagogiques. C’est du reste ce que proposent les auteurs Jacques Cool et Normand Brodeur (Comment soutenir la santé mentale de son personnel?).

Trop souvent, les nouveaux enseignants se voient confier les tâches que leurs collègues plus expérimentés ne veulent pas. Or, il faudrait revoir les affectations basées sur l’ancienneté pour permettre à la relève d’apprivoiser son nouveau milieu, sans se sentir surchargée ou dépassée par les événements. Cela éviterait sans doute que de nouveaux enseignants désertent la profession! Pourtant, n’étaient-ils pas remplis d’espoir, de motivation, d’optimisme et d’aspirations à la fin de leurs études? Pourquoi ce désenchantement et cette désillusion? Je crois beaucoup dans le développement du sentiment d’efficacité personnelle, concept décrit par Nancy Gaudreau (Bien-être et sentiment d’efficacité personnelle des enseignants), pour « moduler » chez les enseignants «  l’intensité de leurs expériences émotionnelles et leurs scénarios d’intervention », leur donnant ainsi la possibilité de s’épanouir et de s’accomplir professionnellement. N’est-ce pas ce que nous voulons tous?

 

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Photo : Dave Donald

Photo couverture : Iakov Kalinin (iStock)

Première publication dans Éducation Canada, septembre 2017

 

Portrait de l’expert

Yolande Nantel

Yolande Nantel

Yolande Nantel est la rédactrice en chef francophone d’Éducation Canada.

Yolande Nantel is the French Editor of Education Canada.

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