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Communauté scolaire, Design technopédagogique, Engagement, Pratiques prometteuses

Quand les murs de classe tombent

L’innovation en enseignement

Le prix Ken Spencer : lauréat

Nichée dans les splendeurs du Yukon, l’école Émilie-Tremblay a ouvert ses portes en 1995, suite au succès de son programme créé en 1984. L’école est la seule à offrir le programme de français langue première sur tout le territoire du Yukon. Elle grandit d’année en année, accueillant des élèves de la maternelle 4 ans à la 12e année.

En 2006, la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) a confié à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques le mandat de concevoir un programme d’enseignement secondaire en français. Il fallait concevoir un programme d’études secondaires innovateur, de qualité et adapté à la réalité des élèves du Yukon.

Une équipe d’enseignants a donc créé une programmation originale axée sur les beaux-arts et le plein air en amalgamant les concepts d’intégration des matières et de pédagogie expérientielle. L’Académie Parhélie a ainsi vu le jour en 2007.

La programmation met l’accent sur les arts : danse, arts visuels, art dramatique, musique et multimédia ainsi que le sport et le plein air. Afin de développer de solides compétences en technologies de l’information et de la communication, chaque élève reçoit, dès la 7e année, un ordinateur portable qu’il conservera tout au long de ses études. Une multitude de camps sont aussi réalisés chaque année afin d’amener les élèves à explorer, découvrir et expérimenter différentes notions apprises.

Tout au long de leur secondaire, les élèves sont poussés à développer une conscience sociale. Ils doivent s’impliquer dans leur communauté et faire des heures de bénévolat auprès d’un organisme. Les concepts de développement durable, de conservation de l’eau et de marché équitable sont également étudiés en classe. Les murs de classe tombent pour laisser place à la communauté locale, régionale, nationale et internationale. L’élève redonne ce qu’il reçoit de sa communauté et laisse une marque indélébile de son passage à l’Académie Parhélie.

La programmation est aussi unique et appréciée du fait que les élèves étudient leurs matières de base en classe et sur le terrain. Par exemple, lors du camp d’étude de l’eau, les élèves de 7e et 8e année vont peaufiner leur technique de canotage sur le fleuve Yukon, prélever des échantillons d’eau qu’ils vont par la suite analyser, dessiner le paysage et comprendre l’histoire de la région en visitant le site de Canyon City. En 9e et 10e année, ils partent en randonnée sur la piste Chilkoot tout en étudiant l’histoire de la ruée vers l’or. En 11e et 12e année, ils apprennent l’espagnol et font du bénévolat en Amérique du Sud, pour ne nommer que ces quelques exemples.

Lorsque les élèves terminent leur 12e année, ils ont les moyens de leurs ambitions. La programmation de l’Académie Parhélie dépasse les exigences pédagogiques d’Éducation Yukon et le taux de réussite est très élevé.

En plus d’obtenir un diplôme bilingue, les élèves ont complété une programmation enrichie et plusieurs formations extracurriculaires. Les élèves obtiennent une certification en hygiène et salubrité alimentaire, en premiers soins en région éloignée, en gardiennage, en canot et en natation, en plus de suivre un cours de sécurité en avalanche et une formation en plongée sous-marine. Tous les camps et les activités sont élaborés en fonction de la réalité des jeunes Franco-yukonnais : le Yukon, son histoire, ses attraits, la francophonie canadienne, la francophonie mondiale et l’importance de l’engagement communautaire.

Le succès de l’Académie Parhélie pourrait amener un changement transformationnel au sein du système d’éducation publique.

Puisque tous les cours sont organisés en fonction des deux axes sport/nature et arts/culture, toutes les matières trouvent une résonnance dans ces axes et cette trame commune permet une cohérence dans les apprentissages. L’assimilation des notions académiques en est ainsi facilitée.

Concrètement, le succès de notre programme se mesure par le nombre grandissant d’élèves qui s’y inscrivent. En 2005-2006, 34 élèves fréquentaient le programme du secondaire, en 2011-2012, ce nombre a augmenté de 35 %. Nous assistons aussi à un nouveau phénomène : des élèves qui ne proviennent pas du primaire de l’école Émilie-Tremblay s’inscrivent désormais à l’Académie Parhélie. Les élèves apprécient le programme puisque les activités offertes allient apprentissages sur le terrain et plaisir. Chaque membre du personnel enseignant est aussi polyvalent, dynamique, compétent et engagé!

Le succès de l’Académie Parhélie pourrait amener un changement transformationnel au sein du système d’éducation publique. Notre programmation est une mise en application des concepts d’intégration des matières et de pédagogie expérientielle. Que ce soit dans un contexte minoritaire ou majoritaire, cette approche est bénéfique puisqu’elle garde les jeunes engagés dans leur apprentissage et intéressés par l’école. Quand les murs de classe tombent, une nouvelle génération d’élèves prend son envol.

Photo incluse avec permission de l’école Émilie-Tremblay

Première publication dans Éducation Canada, novembre 2013

 

RECAP – Nestled in the splendours of Yukon, the École Émilie-Tremblay school officially opened its doors in 1995, following the success of a program created in 1984. This is the only school offering a French-first-language program in all of Yukon, and it has been expanding year after year, welcoming students from Kindergarten to Grade 12. Académie Parhélie, with its secondary studies program, was established in 2007. Based on fine arts and the outdoors, this program combines the concepts of subject integration and experiential pedagogy. Pupils study their basic subjects in the classroom and in the field, and all courses are designed around two tracks: sports/nature and arts/culture. Students are also urged to develop a social conscience; they are required to do volunteer work and get involved with a community organization. Académie Parhélie breaks down classroom walls and engages students in their learning.

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Maud Caron

Maud Caron est adjointe à la direction générale de la Commission scolaire francophone du Yukon, depuis 2013. Attirée par les grands espaces du Yukon, Maud s’est établie à Whitehorse en 2009 et a travaillé au sein de différents organismes de la communauté.

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