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Il faut agir!

Sournoises et pernicieuses, tant les petites que les grandes violences à l’école ont des effets désastreux sur la santé mentale des élèves. Elles peuvent parfois conduire au suicide. Ce fut le cas très médiatisé de Marjorie Raymond, cette adolescente québécoise de 15 ans victime d’intimidation, rongée par un mal de vivre, qui a mis fin à ses jours en 2011. Cette histoire nous a tous interpellés, soulevant de nombreuses réactions de colère et d’indignation, suscitant de multiples questionnements. Pourquoi tant de souffrance et de détresse?

Autrefois banalisée ou ignorée, la lutte à l’intimidation et à la violence est devenue une priorité de société. Au Québec, elle est désormais mieux encadrée par le projet de Loi 56, adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en juin 2012. Cette Loi oblige toutes les écoles privées et publiques à se doter d’un plan pour lutter contre ce fléau et donne aux directions la possibilité de suspendre et même d’expulser un élève harceleur.

Malgré cet éveil de conscience et la bonne volonté ministérielle, certains enseignants se sentent encore mal préparés pour faire face à cette réalité, d’où l’importance d’être outillés professionnellement et émotionnellement pour intervenir auprès des élèves, et ce dès la formation initiale. Dans cette édition, nous découvrirons l’importance de mettre en place des mesures préventives et verrons comment certaines initiatives peuvent s’avérer précieuses pour aider les écoles à s’en sortir. La Fondation Jasmin Roy, par exemple, intervient auprès de plusieurs établissements scolaires. Elle dénonce haut et fort toute forme de violence à l’école et offre des outils fort pertinents pour soutenir le milieu scolaire. L’organisme CLIPP, centre de transfert de connaissances, souligne pour sa part l’importance de se tourner vers la recherche scientifique pour se doter d’outils permettant de sensibiliser la population à différentes problématiques et d’intervenir efficacement.

Une autre forme de violence tout aussi virulente et insidieuse est la cyberviolence et le cyberharcèlement. Comme le précise avec beaucoup d’à-propos la chercheure Catherine Blaya, les conséquences de ce type de victimisation se révèlent graves tant au niveau individuel que scolaire. Elle précise « qu’une victime sur deux est aussi agresseur et les trois-quarts des agresseurs sont aussi victimes ». On ne peut plus désormais fermer les yeux. Il faut agir!


Ce billet de blogue fait partie d’un dossier de l’ACE sur la santé mentale des élèves, qui comprend également un numéro thématique du magazine Éducation Canada sur la question et une fiche Les faits en éducation sur les approches efficaces pour améliorer le mieux-être mental des élèves. Si vous souhaitez publier un billet de blogue dans cette série, veuillez communiquer avec info@cea-ace.ca.