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Design technopédagogique

Comment les makerspaces renforcent-ils la motivation des élèves ?

Les makerspaces incitent les élèves à apprendre tant à l’école qu’à l’extérieur...

Les makerspaces (qu’on pourrait traduire par « espaces de fabrication ») sont des espaces de formation informels aménagés au sein d’une communauté ou d’une école offrant aux élèves et aux membres de la collectivité des outils et ressources leur permettant de bricoler autant avec des matières traditionnelles, comme le carton, le bois, le plastique recyclé ou le tissu, qu’avec des technologies plus avant-gardistes, comme des scanneurs et imprimantes 3D, robots, découpeuses au laser, ordinateurs libres, microcontrôleurs et capteurs. On trouve les makerspaces dans les centres communautaires, bibliothèques, écoles et autres lieux publics, ainsi que des versions « parapluie », utilisées lors d’événements ponctuels, et « mobiles », à l’intention des populations éloignées. Bien que la définition du terme varie selon les régions, on comptait environ 1 400 makerspaces dans le monde en 2016, soit 14 fois plus qu’en 2006.

Les makerspaces incitent les élèves à apprendre tant à l’école qu’à l’extérieur de celle-ci, en leur permettant notamment :

  • de développer des compétences professionnelles de pointe par la formation à la résolution de problèmes et la pensée créative;
  • d’apprendre à leur propre rythme par le jeu et de développer leur confiance en soi en concevant des objets et en les créant avec des imprimantes 3D, ou encore en programmant un robot;
  • d’approfondir la matière apprise dans les cours de sciences, technologie, ingénierie, art et mathématiques (STIAM), en reliant celle-ci à des tâches et à des problèmes de la vraie vie. Les makerspaces sont particulièrement utiles pour motiver les élèves qui réussissent moins bien dans un cadre scolaire traditionnel où ces matières sont souvent enseignées dans des cours n’offrant aucune application pratique;
  • d’explorer leurs champs d’intérêt et de trouver des solutions créatives aux problèmes du monde réel, et d’apprendre ainsi que la résolution de questions sociales complexes nécessite souvent une diversité de talents et de personnes;
  • de développer des relations intergénérationnelles et de bâtir des collectivités par le biais d’activités qui jumellent les compétences de leurs membres et qui visent des objectifs communs. Cela donne lieu au transfert des connaissances et des compétences et à la création de liens entre personnes de tous âges, en plus de renforcer les relations enseignants*-élèves;
  • de développer les habiletés de coopération et de transmettre ses connaissances, ce qui apprend aux enfants à jouer plusieurs rôles, soit celui de chef de file, de bâtisseur, d’organisateur, de planificateur, de technicien, d’ingénieur ou de concepteur;
  • de développer leur motricité fine à l’aide d’outils manuels. Les jeunes y apprennent à raccorder des circuits, à assembler des petites pièces, et à découper, à coller, à polir ou à sabler des objets ;
  • d’apprendre par tâtonnement, de prendre des risques et de persévérer dans des situations où ils doivent relever des défis et où ils ont la permission de « se salir les mains ».

Des données probantes tendent à démontrer que les makerspaces aident à développer des compétences pratiques qui renforcent la motivation des élèves et les préparent au marché du travail du 21e siècle. Qu’il s’agisse de réparer une vieille radio, de tricoter à l’aide de technologies prêt-à-porter intégrées ou de construire un robot, les makerspaces permettent aux élèves d’explorer leurs champs d’intérêt, de développer leurs passions et de réussir en classe et hors de la classe.

 

Information et ressources complémentaires

Davidson, A.-L. (2017). « You too can experience the “maker scream” ». Université Concordia. Tiré du site www.concordia.ca/cunews/main/stories/2017/05/03/maker-scream-education-professor-saltise-winner-ann-louise-davidson.html

Davidson, A.-L. (2017). « On Focus ». Tiré du site www.linkedin.com/pulse/focus-ann-louise-davidson/

Davidson, A.-L. (2017). « This Easter, Conquer the Impossible with Your Kids ». Tiré du site www.linkedin.com/pulse/easter-conquer-impossible-your-kids-ann-louise-davidson/

Références

Andersson, P. (2015). Digital fabrication and open concepts: An emergent paradigm of consumer electronics production. (Thèse de baccalauréat, Université Umeå). Tiré du site www.diva-portal.org/smash/get/diva2:822484/FULLTEXT02

Davidson, A.-L., Price, D. (2018). « Does Your School Have the Maker Fever? An Experiential Learning Approach to Developing Maker Competencies ». Learning Landscapes, 11(1), 103-120. Tiré du site www.learninglandscapes.ca/index.php/learnland/article/view/926/918

Lou, N., & Peek, K. (2016). « By The Numbers: The Rise of the Makerspace ». Popular Science. Tiré du site www.popsci.com/rise-makerspace-by-numbers

Fleming, L. (2015). World of making: Best practices for establishing a makerspace for your school. Thousand Oaks, CA: Corwin

Peppler, K., Halverson, E., & Kafai, Y. (éd.). (2016). Makeology: Makerspaces as learning environments (Volume 1). New York, NY: Routledge.

Peppler, K., Halverson, E., & Kafai, Y. (éd.). (2016). Makeology: Makers as learners (Volume 2). New York, NY: Routledge.

Sheridan, K., Halverson, E. R., Litts, B., Brahms, L., Jacobs-Priebe, L., & Owens, T. (2014). Learning in the making: A comparative case study of three makerspaces. Harvard Educational Review, 84, 505–531.

Portrait de l’expert

ANN-LOUISE DAVIDSON EDCAN NETWORK

Ann-Louise Davidson, PhD

Associate Professor of Education at Concordia University

Ann-Louise Davidson (PhD) is an Associate Professor of Education at Concordia University, and holds a Concordia University Research Chair in Maker Culture. She is Associate Director of the Milieu...

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